Alors que la "crise du concombre" crée la panique en Europe, 

Laure Bonnaud et Jérôme Coppalle

prennent le temps de faire une synthèse,

et nous offrent pour la rentrée un livre bilan :

Qui contrôle ce que nous mangeons ?

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L’alimentation a toujours été l'objet de politiques publiques (approvision­nement et quantité de nourriture disponible, mais aussi caractère sain des denrées). L'action publique actuelle en matière de sécurité sanitaire des aliments a été constituée à la fin du XIXe siècle, sur la base d'un modèle hygiéniste et corporatiste, mis en œuvre dans les abattoirs.

Aujourd'hui, ce cadre est remis en cause par des crises sanitaires (Listeria, ESB…), les connaissances scientifiques et l'extension des échanges commerciaux. Les avancées de la science créent des produits nouveaux (OGM, viande et lait de clone…) qu'il faut réglementer et permettent également de réévaluer les risques de l'alimentation (nouveaux outils).

Le marché, de son côté, produit des normes qui concurrencent la puissance publique.

On est donc passé d'un modèle où l’Etat prédominait à un modèle de coproduction de la sécurité sanitaire entre opérateurs publics et privés. Le livre montre limites et ambiguïtés d'un tel modèle, alors qu’émergent des controverses (utilisation des pesticides, conflits d’intérêts des experts…).


 

Laure Bonnaud, ancienne élève de l'ENS Cachan, est sociologue à l'INRA. Ses travaux portent sur l'évolution de l’action publique pour la prévention et la gestion des risques dans le domaine de la sécurité sanitaire des aliments. Ils reposent sur l’analyse des activités de contrôle et cherchent à mettre en évidence les recompositions de l’action de l’Etat à l’aune des crises sanitaires récentes.

Jérôme Coppalle, docteur vétérinaire, a participé à l’évaluation selon les standards de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) de services vétérinaires étrangers. En tant que chargé d’enseignement à l’Ecole nationale des services vétérinaires, il s’est intéressé à la transformation des métiers du contrôle sanitaire dans le contexte où les industriels sont invités à produire leurs propres normes de sécurité.